Un extrait du scénario final.
4. INT RESTAURANT JOUR
Vue clochette d’entrée qui diguelinguent.
Vue portrait de Janvier.
Vue portrait écrivain montrant la carte de visite.
Vue des deux assis l’un en face de l’autre.
JANVIER
Tu as du agir avec beaucoup de volonté pour arriver jusqu’ici.
L’ECRIVAIN (tourmenté)
Je ne fais pas ça au hasard…
JANVIER (cassant puis appel Jan)
Ça je m’en fous, si tu te crois inspiré, tant mieux pour toi, Hey Jan apporte moi mon thé…
Jan apporte une bière à la table.
JANVIER (compatissant)
Tu es sûr que tu veux y aller. J’ai cru comprendre que le Psis la voulait.
L’ECRIVAIN
On en a discuté, il a reconnu que ça me serait plus utile qu’à lui.
JANVIER (qui n’en croit pas un mot)
Tu sais que tu vas à l’encontre de pas mal de soucis et de déceptions.
Jan apporte un thé à l’écrivain.
L’ECRIVAIN (qui touille machinalement le thé, nonchalant)
Me mettrais-tu en garde contre elle ?
JANVIER
Non, contre toi… Elle se fout de savoir qui vient la chercher, elle ne livrera la clé qu’à une seule condition qu’elle a elle-même choisie.
L’ECRIVAIN (avant de boire sa tasse.)
Je t’écoute
JANVIER (déclaratif)
Il faudra l’émouvoir sincèrement.
L’ECRIVAIN (ironique)
Je dois apporter des fleurs ?
JANVIER (ferme puis s’adressant une fois de plus à Jan)
Tu dois finir ton thé. Jan le sac à emporter !
L’ECRIVAIN (regarde Janvier boire sa bière.)
T’es un drôle de tenancier de salon de thé, toi.
JANVIER (s’emportant un brin, se calme quand Jan apporte le paquet. Janvier le pose devant lui)
Toi, t’es quoi au juste ! Un sale type en quête de fortune, un arnaqueur cherchant la gloire, un guerrier sans une once de subtilité. La clé se mérite et ce n’est pas en jouant au coq de basse-cour que tu l’auras ! Merci Jan.
L’ECRIVAIN (après avoir bu son thé.)
Ok, désolé si j’ai pu te paraître insensible. Reprenons au début. Toi, tu es Janvier ?! Le passeur ?! Le seul type qui sache où la gardienne de la clé prend des vacances.
JANVIER
Bien résumé. Et une demoiselle comme elle, quand elle vient voir le vieux Janvier, c’est pas pour que n’importe quel péquenot se prenne l’envie d’aller l’embêter dans sa retraite. Comprends tu ? Si j’ai décidé de te laisser y aller, c’est bien parce que je ne suis pas aveugle à ce qu’il y a derrière le pantin ironique que tu joues.
L’ECRIVAIN
Touché. Mais tu as dit que tu acceptais de me la faire rencontrer, n’est-ce pas…J’ai bien compris ?
JANVIER (lui remettant le sachet)
Tiens, met ça dans ta poche, ça te servira si tu te perds.
L’ECRIVAIN (qui met le sachet dans sa poche sans vraiment s’en apercevoir, tiquant plus sur le dialogue précédent)
Alors j’accepte également ton jugement hâtif de ma personne. On se trompe parfois sur une première impression. Alors, soit, dis moi, où se trouve t’elle ?
JANVIER (nonchalant)
Oh ça, tu es bientôt arrivé.
Vue de l’écrivain de face. L’écrivain comprend qu’il a été drogué.
Vue proche de profil.Tombe aux ralentis dans les vappes.
Vue des yeux de l’écrivain qui tombe…
Tout devient flou, même le son.
JANVIER (avec derrière lui, Jan, souriant.)
Espères pour toi que je ne me sois pas trompé sur ton compte.